RADIO SILENCE : s/t

Même si le livret de ce premier album de RADIO SILENCE nous dévoile les portraits de deux musiciens, c'est à Alistair Gordon qu'il est attribué l'exclusive paternité du projet dans les documents promotionnels que le label Escape avait diffusé à l'époque de la sortie du disque, en 1997. Le second instigateur — Mike Hehir — n'était pourtant pas tout à fait anonyme, et quiconque avait suivi de près la discographie du groupe SAD CAFÉ, avait peut-être conservé le souvenir de son passage dans les années 80. Gordon avait d'ailleurs lui aussi apporté sa contribution — plus modeste — à l'histoire de ce groupe originaire comme lui de Manchester, à la fin des années 80, comme il l'avait fait avec de nombreux autres artistes parfois renommés (MIKE AND THE MECHANICS — dont le chanteur Paul Young assure quelques choeurs sur ce disque —, Mick Jones de FOREIGNER). Mais il faut toutefois le reconnaître, si les deux protagonistes de Radio Silence sont des musiciens chevronnés, leurs noms n'ont rien de clinquant. Et pourtant, le sens de la mélodie d'Alistair Gordon — qui signe ou co-signe onze des douze titres de ce disque, contre un seul pour Hehir — en vaut bien d'autres, et des bien plus populaires. On s'en rend compte dès le premier titre : Primitive Man, qui annonce la coloration très années 80 de ce disque fait d'un AOR à tendance westcoast (Let It Rain, Radio Silence, Love In A Stranger's Arms), fort de beaux refrains, accrocheurs (le superbe God Only Knows), d'ambiances fort agréables, et ce qui ne gâche rien, d'une production sans anicroche. Quelques nappes de clavier délicates et élégantes (la ballade très AOR Don't Hold On), des parties de guitares aériennes et soignées (Tower Of Strength), une voix assez chaude et parfaitement en place, évoquant parfois un peu ROBERT HART, sans oublier quelques touches de saxophone : à peu près tout contribue sur ce disque à restituer une impression de bien être et de délicatesse, sans pour autant manquer de rythme.

Tracklist : 
01. Primitive Man
02. Don't Hold On
03. Convertible Car
04. Let It Rain
05. Radio Silence
06. Big Wide World
07. Tower Of Strength
08. God Only Knows
09. A Mighty High Horse
10. Love In A Stranger's Arms
11. The Last Frontier
12. Can't Stand Still

Line-up :

Alistair Gordon (chant + clavier + chœurs)
Mike Hehir (guitare)
+
Robert Maksym (guitare)
Marius Muller (guitare)
Paul Burgess (batterie + percussions)
Dave Hassel (batterie + percussions)
Steve Pigott (clavier + programmation)
Darrin Tidsey (clavier + programmation)
Ritchie Close (clavier)
Jon Astley (programmation)
Steve Butler (chœurs)
Ian Wilson (chœurs)
Paul Young (chœurs)
Doreen Edwards (chœurs)
Tessa Niles (chœurs)
Linda Taylor (chœurs)
Chris Davis (saxophone)
Andy Hamilton (saxophone)

Année : 1997
Label : Escape Music
Production : Alistair Gordon + Andy MacPherson + Walter Turbitt [4] + Steve Pigott [production additionnelle sur Radio Silence]

GOWAN : s/t

Peu de gens connaissaient Lawrence GOWAN en 1999, lorsqu'il prit la place de Dennis DeYoung dans STYX. Peu de gens, excepté dans son pays, au Canada, où cet Écossais de naissance au parcours peu banal s'était taillé une jolie renommée depuis le milieu des années 80. Formé au piano classique, diplômé du Conservatoire de Toronto, le musicien débutait sa carrière au milieu des années 70 dans le groupe RHINEGOLD avec lequel il se produira localement durant quelques années. En 1982, le chanteur était signé par CBS et sortait ce premier album au Canada, premier disque qui se démarque un peu de la suite de sa discographie. Pour commencer, le chant est, sur certains titres, un peu plus agressif qu'il ne le sera à partir de l'album suivant, le remarquable Strange Animal. La différence n'est toutefois pas déstabilisante pour qui aurait découvert l'artiste par les albums suivants ou dans Styx, son timbre de voix très particulier restant tout à fait identifiable. L'univers de l'artiste, très singulier lui aussi, paraissait pour sa part déjà bien dégrossi sur des titres comme Jet White ou Victory. bien qu'un aspect plus daté dans le son soit à signaler, dans les claviers notamment (Send Me Energy), mais aussi dans les lignes mélodiques qui s'aventurent dans des voies où le grandiloquent tient une certaine place, comme sur Keep Up The Fight ou, dans une moindre mesure, Come A Little Closer. Loin d'être inintéressant, ce premier album s'adresse avant tout aux admirateurs du chanteur qui pourront mesurer le chemin parcouru à partir des albums suivants tout en se faisant plaisir sur quelques titres bien sentis et plus sobres (la jolie ballade Make It Alone, Oceania, I'm Not Involved...). Aux autres, aux simples curieux, on conseillera plutôt Strange Animal et Lost Brotherhood qui illustrent admirablement tout le potentiel de cet artiste très au dessus des normes de l'AOR.

Tracklist :
01. Jet White

02. Keep Up The Fight
03. Come A Little Closer
04. Make It Alone
05. Send Me Energy
06. Oceania
07. I Was Only Looking
08. I'm Not Involved
09. Give In
10. Victory

Line-up :

Lawrence « Larry » Gowan (chant + piano + clavier + chœurs)
+
Kim Mitchell (guitare)
Steve Hogg (basse)
Marty Cordrey (batterie)
Susan Ciani (programmation)
Paul Atkinson (programation)

Année : 1982
Label : CBS [réédition 1998 Algae Records]
Production : Rob Freeman

TIM FEEHAN : s/t

Après deux albums sortis dans une relative confidentialité au Canada, TIM FEEHAN remportait un concours d'écriture qui allait doper sa carrière et lui ouvrir de nouveaux horizons. La récompense n'était rien moins qu'une collaboration avec l'un des maîtres de la westcoast, son compatriote DAVID FOSTER. Avec lui, Feehan dégauchira en studio ce qui deviendra par la suite ce troisième album. Pour achever son travail, le Canadien traversait la frontière et posait ses valises à Los Angeles. De là, il nouera des liens avec quelques musiciens de renom comme Steve Lukather (TOTO) et Fee Waybill (THE TUBES) qui participeront à son album. Repéré par le label Scotti Bros qui le signe, son disque sort en 1987 et laisse apparaître un Feehan physiquement sérieusement revu et corrigé. Envolée la moustache qu'il arborait sur les premiers albums, mais pas la voix, ni même le style. Ce disque reprend en effet le dosage entre westcoast et AOR des premiers albums, et il n'y a guère à s'en plaindre, bien qu'un titre ait tendance à surnager. Where's The Fire — qui fut utilisé dans la bande originale du film The Wraith la même année — fait en effet partie des titres les plus remarquables de Tim Feehan, dans un registre AOR très légèrement « hi-tech » bien mis en valeur par la voix expressive du Canadien. Moins marquants, mais pour autant pas désagréables, des titres comme Listen For The Heartbeat, Read Between The Lines, The Painter ou One Step Away proposent une westcoast classique, dont le principal charme réside dans le chant de Feehan. Quelques touches de saxophone, beaucoup de clavier, on regrettera un peu le recours systématique aux rythmiques synthétiques, mais pas de quoi rendre ce disque pénible pour autant. 

Tracklist : 
01. Where's The Fire
02. Listen For The Heartbeat
03. Vanna
04. Loveline
05. Read Between The Lines
06. Mean Streak
07. The Painter
08. One Step Away
09. Isolation

Line-up :

Tim Feehan (chant + clavier + synthétiseur + chœurs)
+
Steve Lukather (guitare)
Lou Sedmak (guitare)
Marcel Hamel (clavier + synthétiseur + programmation)
Donovan Reimer (clavier)
Ron Vaugeois (percussions)
Dave Babcock (saxophone)
Jim Pinchin (saxophone)
Vince Mai (trompette + bugle)
Phil Berry (chœurs)
Fee Waybill (chœurs)
Gord Maxwell (chœurs)
Matthew Feehan (chœurs)
Al Dobish (non précisé)

Année : 1987
Label : Scotti Bros.
Production : Tim Feehan

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