ICON : Night Of The Crime

ICON, en 1984, c'était un look à faire peur et un hard rock tendance heavy très banal. Un an après un premier album qui n'aura pas marqué grand monde, on avait peine à reconnaître ce groupe formé en 1981 à Phoenix, en Arizona. Avec l'aide précieuse du compositeur Bob Halligan Jr., Icon entrait tout simplement dans une autre dimension. Dire que ce groupe avait totalement viré sa cuti serait inexact, car même si le premiers titre assez clairement AOR donne ce sentiment (Naked Eyes et sa rythmique à la TOTO, mais c'est aussi le cas de Frozen Tears en fin d'album), on distingue deux voire trois orientations différentes sur ce disque, qui, étonnamment, se marient fort bien et forment un tout cohérent. A ces titres assez dépourvus de puissance s'ajoutent donc un certain nombre de morceaux où les guitares reprennent vigoureusement le dessus, sur des riffs très appuyés, heavy même, n'ayons pas peur des mots (Out For Blood et son introduction à la Ready To Strike de KING KOBRA, Raise The Hammer, The Whites Of Their Eyes). Du heavy FM, pourrait-on dire, qui garde au moins un point commun avec l'autre facette de ce disque : des refrains qu'on n'oublie pas. Ce qui fait l'unité de ce disque, c'est peut-être aussi sa faculté à brouiller les cartes, à mélanger les étiquettes. Les titres AOR, virant le plus souvent au hard FM, notamment dans le chant (Danger Calling, Missing, Shot At My Heart, Hungry For Love), comportent de discrets éléments heavy, et inversement. Ce qui est certain, c'est que des dix titres, seul Rock My Radio — et son côté HELIX pas très en phase avec le reste de l'album — laisse un peu perplexe. Night Of The Crime n'aura hélas été qu'une étoile filante, et au vu de ce qu'il apportait à ce disque, on ne peut que regretter le départ brutal de Stephen Clifford, le chanteur ayant déjà fait ses valises avant même la sortie de l'album. Un retour en religion l'éloignera de la musique pour longtemps, pour ne revenir que brièvement en 1994 sous le nom de Stephen Christopher, avec un disque de rock chrétien (Search For The Truth) sur lequel on retrouvait trois anciens membres d'Icon, manifestement pas rancuniers..

Tracklist : 
01. Naked Eyes
02. Missing
03. Danger Calling
04. (Take Another) Shot At My Heart
05. Out For Blood
06. Raise The Hammer
07. Frozen Tears
08. Whites Of Their Eyes
09. Hungry For Love
10. Rock My Radio

Line-up :

Stephen Clifford (chant)
Dan Wexler (guitare)
John Aquilino (guitare)
Tracy Wallach (basse)
Pat Dixon (batterie)

Année : 1985
Label : Capitol
Production : Eddie Kramer




RAY LYELL AND THE STORM : s/t

La carrière de RAY LYELL a débuté à la fin des années 80, d'abord en tant que compositeur. Il remporta notamment un concours en 1987, puis écrivit quelques titres avec Paul Hackman peu avant la mort de ce dernier, pour son groupe : HELIX. Notamment Wild In The Street en 1987, et plusieurs titres pour It's A Business Doing Pleasure. Fort de ses succès de compositeur, le chanteur canadien eut finalement l'opportunité d'enregistrer son premier album en 1989 avec son groupe, The Storm, sous la direction, notamment, de l'ancien guitariste de APRIL WINE, Gary Moffet à la production. Un disque d'orientation assez AOR (Cruel Life) mêlée à des influences plus terroir, une bonne dose de « heartland rock » (Another Man's Gun, Colour Of Money), ainsi que quelques touches de musique folklorique nord-américaine (Carry Me et ses faux airs de THE HOOTERS, et I Find Peace In Your Eyes), de country (Burnin' Up, ou de manière plus diluée sur Rollin' Storm et ses accents RESTLESS HEART) et voire même de rock sudiste dans la rythmique de Every Little Thing. Avec l'apport de la jolie voix féminine de Paula Tessaro et les apparitions d'instruments typiques du répertoire traditionnel nord-américain comme la « pedal steel guitar », le banjo, l'harmonica, le violon ou l'accordéon, la musique de Ray Lyell est joliment colorée, et si aucun titre n'émerge véritablement, tous sont bien écrits et remarquablement interprétés et produits, ce qui rend l'écoute de ce disque très plaisante. 

Tracklist : 
01. Another Man's Gun
02. Colour Of Money
03. Every Little Thing (Takes A Little Time)
04. Heart Of Dixie
05. Carry Me
06. Rollin' Storm
07. Find Peace In Your Eyes
08. Hard Fall
09. Burnin' Up
10. Cruel Life

Line-up :

Ray Lyell (chant + guitare acoustique)
Paula Tessaro (chant + chœurs)
David Kristan (guitare)
Vince Rinaldo (clavier)
Luc Grenier (basse + chœurs)
James Anthony (batterie + chœurs)
+
Bruce Moffet (batterie)
Gary Moffet (guitare)
Russ Boswell (basse)
Dan Howlett (banjo + violon)
Jeff Smallwood (pedal steel guitar)
Ken Pierson (piano)
Alma Fay Brooks (chœurs)
Brian Harris (chœurs)
Stacey T. Lafontaine (chœurs)
Terry J. McJimpsey (chœurs)
Lesley Warren (chœurs)
Warren (Slim) Williams (chœurs)

Année : 1989
Label : Magada International (réédition 1995)
Production : Gary Moffet + Billy Szawlowski


MITCH MALLOY : s/t

Originaire du Dakota du Nord, c'est sur la côte Est des États-Unis que MITCH MALLOY est allé s'aguerrir dans les années 80. En résulteront notamment des collaborations avec le claviériste David Rosenthal (futur Red Dawn) dans le projet Infinity, tendance AOR léger à la Toto (l'album enregistré au milieu des années 80 est finalement sorti en 2011), ainsi qu'une expérience plus hard dans MALLOY, dont les démos de 1988 sont sorties chez Now & Then en 2003. De ce dernier projet, Mitch Malloy récupérait deux titres, les très bons Forever et Problem Child. Ce morceau passait alors d'un hard rock couillu façon Firehouse dans sa version originale, à une jolie ballade acoustique, méconnaissable, une version qu'aurait pu interpréter un RICHARD MARX. Il ne faudrait toutefois pas en tirer de conclusion trop hâtive : le single et premier titre Anything At All donne le ton d'un album assez équilibré d'un point de vue rythmique, donnant une place de choix aux ballades mais sans en abuser. Ce premier titre nous présente également un chanteur à la voix assez chaude et puissante, parfois assez proche du timbre d'un Kelly Hansen (Hurricane, Unruly Child). Le physique de mannequin ne doit pas non plus nous tromper : Malloy est un musicien assez complet, compositeur (il co-signe tous les titres), chanteur maîtrisant techniquement son sujet, et jouant également un peu de guitare (les solos sont assurés par le réputé Michael Thompson sur l'album). Aidé d'une production d'une assez remarquable clarté — signée par un certain Sir Arthur Payson, que beaucoup soupçonnaient à l'époque de n'être qu'un pseudonyme de la machine à tubes DESMOND CHILD (Mitch Malloy l'a depuis démenti) —, Mitch Malloy délivrait de bons titres d'un AOR assez sobre, bien que poussant assez souvent sur sa voix, ce qui, à la longue, peut s'avérer un peu fatigant. On pourra également noter les arrangements soignés, dominés par la guitare (électrique ou acoustique) et usant parfois de cuivres, comme sur le très chaleureux Cowboy And The Ballerina (co-signé par Desmond Child), ou encore Mission Of Love. Gros temps fort de l'album, enfin : la perle AOR  Stranded In The Middle Of Nowhere relève encore un peu le niveau d'un disque dans l'ensemble agréable à écouter mais pas forcément incontournable pour autant.

Tracklist :
01. Anything At All
02. Mission Of Love
03. Nobody Wins In This War
04. Over The Water
05. Problem Child
06. Stranded In The Middle Of Nowhere
07. Music Box (interlude)
08. Cowboy And The Ballerina
09. Our Love Will Never Die
10. Forever
11. Mirror, Mirror

Line-up :

Mitch Malloy (chant + guitare)
+
Michael Thompson (guitare)
Kevin Dukes (guitare)
Tristan Avakian (guitare acoustique)[5]
Jeffrey Vanston (clavier)
Jai Wilding (clavier)
Hugh McDonald (basse)
Mickey Curry (batterie)
Jeffrey Hey (trompette + arrangements cuivres)
Gary Grant (trompette)
Larry Williams (saxo)
Daniel Higgins (saxo)
Michael Fisher (percussions)
Bekka Bramlett (choeurs)
Devon Meade (choeurs)
Tommy Funderburk (choeurs)
Yvonne Williams (choeurs)
Vinnie James (choeurs)
Carol Rowley (choeurs)

Année : 1992
Label : RCA
Production : Sir Arthur Payson


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