BAD ENGLISH : Backlash

En regardant les crédits des compositions du premier album, on pouvait déjà deviner les faiblesses qui auraient raison deux ans plus tard de ce beau projet que fut BAD ENGLISH. L'union de ces fortes individualités n'était pas tant fragilisé par les ego qui la composaient que par les aspirations divergentes de chacun de ses membres. D'un côté, John Waite — et probablement Jonathan Cain  — souhaitait plutôt ancrer la musique du groupe dans l'AOR ; de l'autre : Neal Schon et Ricky Phillips, de leur propre aveu, auraient aimé durcir le ton. Waite, qui plus est, devait avouer plus tard qu'il n'était guère à l'aise avec l'image du groupe qui, à en croire la photo illustrant la pochette du premier disque, cherchait à s'aligner sur les modes capillaires du moment (de manière peu avantageuse pour le chanteur qui avait manifestement été victime d'un brushing assassin juste avant la séance photo). Toujours est-il que sur le premier album, on sentait Schon assez peu investi dans l'écriture, si ce n'est sur les quelques titres un peu hard en fin d'album. On peut imaginer que l'orientation de Backlash, plus recentré sur l'AOR, et encore une fois pas avare en ballades (les jolies Savage Blue et Time Stood Still — et ses parties de guitare acoustique aux accents hispaniques —, et les plus classiques The Time Alone With You et Make Love Last), ne lui donna guère envie d'autre chose que d'aller fonder HARDLINE avec le batteur Deen Castronovo, aux côtés des frères Gioeli qui, eux, ne regardaient pas à la dépense d'énergie. On peut regretter la fin en eau de boudin de Bad English en écoutant Backlash, car à l'image du premier, l'AOR était remarquablement servi, et particulièrement sur des titres comme Pray For Rain, Straight For The Heart ou même So This Is Eden et Rebel Say A Prayer. Des titres dans l'ensemble peut-être un peu moins intenses que ceux figurant sur le précédent disque, mais des titres forts qui, hélas, n'auront pas eu la moindre chance de briller, le groupe étant déjà aux abonnés absents alors que l'album n'était pas encore sorti du mixage.

Tracklist :
01. So This Is Eden
02. Straight To Your Heart
03. Time Stood Still
04. The Time Alone With You
05. Dancing Off The Edge Of The World
06. Rebel Say A Prayer
07. Savage Blue
08. Pray For Rain
09. Make Love Last
10. Life At The Top

Line-up :

John Waite (chant)
Neal Schon (guitare)
Jonathan Cain (clavier + chœurs)
Ricky Phillips (basse + chœurs)
Deen Castronovo (batterie + chœurs)
+
Mark Spiro (chœurs)
Tommy Funderburk (chœurs)

Année : 1991
Label : Epic
Production : Ron Nevison



BAD ENGLISH : s/t

La fin des années 80 aura vu naître un certain nombre de « supergroupes », et BAD ENGLISH est certainement à retenir comme l'une des plus heureuses unions de musiciens de renom. Avec deux des leaders de JOURNEY (Neal Schon et Jonathan Cain) et deux anciens membres de THE BABYS dont son formidable chanteur John Waite — qui revenait alors vers les sommets après un quatrième album solo tièdement accueilli sur le marché américain —, Bad English promettait sur le papier de faire de jolies étincelles, tant sur le plan musical que commercial. Le second sera assuré sans difficulté, notamment grâce au succès des ballades Price Of Love et When I See You Smile (signée Diane Warren) qui atteindront les toutes premières places  des classements aux États-Unis, et feront une petite percée en Europe. Dans un registre AOR servi par la voix singulière de John Waite, des claviers cristallins et quelques superbes envolées de Neal Schon, ce disque est une affaire rondement menée. Tout juste lui reprochera-t-on, histoire de pinailler, quelques longueurs en fin d'album (sur treize titres, deux ou trois un peu plus hard sont presque dispensables : Ready When You Are, Lay Down et Rocking Horse). Le reste touche à la perfection, y compris les ballades qui bien qu'assez nombreuses, s'avèrent souvent très inspirées (Possession vient compléter d'une manière avantageuse les deux singles cités plus haut ; on pourrait aussi ajouter quelques titres à tempo modéré comme le très doux Don't Walk Away en fin d'album). Mais le gros point fort de ce disque est encore plus à chercher du côté des brûlots Forget Me Not, Ghost In Your Heart et Though Times Don't Last, sur lesquels le clavier de Jonathan Cain tire particulièrement son épingle du jeu. Des titres aux atmosphères souvent intenses, des refrains mémorables, une voix immédiatement identifiable, des parties de guitares et de clavier inspirées et une production irréprochable : nous pouvons bel et bien parler de classique.

Tracklist :
01. Best Of What I Got
02. Heaven Is A 4 Letter Word
03. Possession
04. Forget Me Not
05. When I See You Smile
06. Tough Times Don't Last
07. Ghost In Your Heart
08. Price Of Love
09. Ready When You Are
10. Lay Down
11. The Restless Ones
12. Rockin' Horse
13. Don't Walk Away

Line-up :
John Waite (chant)
Neal Schon (guitare + chœurs)
Jonathan Cain (clavier + chœurs)
Ricky Phillips (basse + chœurs)
Deen Castronovo (batterie + chœurs)

Année : 1989
Label : Epic
Production : Richie Zito


ROULETTE : Lifeline

ROULETTE fait partie de ces nombreux groupes des années 80 repêchés avec une discographie encore vierge par les labels de rock mélodique depuis le milieu des années 90. Le label Escape avait en effet beau présenter Roulette comme en nouveau venu à la sortie de ce disque en 2001, le son, le style vestimentaire et capillaire des musiciens et à plus forte raison encore le style musical trahissaient l'origine de ce groupe de San Francisco. A l'écoute du premier titre, le superbe No Tellin' Lies, on pouvait d'ailleurs s'interroger sur les raisons de l'insuccès de ce groupe. Tout y était, les claviers pleins d'emphase, le chant remarquable de David Cremin — proche de Ernie White, surtout sur ce genre de titre AOR que AVIATOR aurait pu enregistrer — et surtout un sens de la mélodie admirable. C'était hélas quasiment tout ce que le groupe avait à proposer, peinant à se trouver une direction claire sur le reste de l'album qui faisait des allers et retour entre hard FM (Victim Of Innocence, Lifeline), AOR un peu vieillot (One More Chance, Hangin' On The Line), et hard rock à la WARRANT (She Gets What She Wants, Party Dress) ou plus bluesy à la GREAT WHITE (la ballade Call Me), se cherchant une voie à suivre  sans jamais la trouver. Le chemin était pourtant tout indiqué, dès le premier titre.

Tracklist :
01. No Tellin' Lies
02. She Gets What She Wants
03. Victim Of Innocence
04. Party Dress
05. Call Me
06. Def, Dum & Blond
07. Lost And Found
08. Hangin' On The Line
09. Lifeline
10. One More Change

Line-up :
David Cremin (chant + guitare)
Chuck More (guitare)
Gil Gagnon (clavier)
Phil Bright (basse)
Jimmy Rehn (batterie)

Année : 2001
Label : Escape Music
Production : Jesse Bradman


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