TOTO : Isolation

Pas facile. Pas facile de donner une suite à un album aussi proche de la perfection que Toto IV. Pas facile non plus de se relever après un succès mondial aussi immense. Et d'autant moins facile lorsque, après quatre albums qui n'avaient pas vu la moindre retouche dans son personnel, le groupe perd coup sur coup deux de ses membres. Le premier, Steve Lukather est encore estomaqué lorsqu'il évoque son départ, au sortir des sessions d'enregistrement du quatrième album. David Hungate médusa en effet ses partenaires en leur annonçant, en quittant le studio, qu'il ne fallait désormais plus compter sur ses services. Musicien de studio habitué au confort d'un travail assez sédentaire, le bassiste, usé par les tournées, aspirait à une vie plus calme pour lui et sa famille. Il partit donc pour Nashville, abandonnant ses anciens partenaires à leur glorieux sort, gloire qu'ils partageront désormais avec un nouveau membre de la fratrie Porcaro : Mike, qui avait fait une apparition au violoncelle sur Toto IV. L'enregistrement de ce Isolation avait à peine commencé que le groupe se retrouvait dans l'obligation de s'amputer d'un membre plus vital : Bobby Kimball, perdu dans ses addictions à la drogue, n'était manifestement plus en état de chanter pour le groupe. Viré, il sera remplacé par l'ex-LE ROUX Fergie Frederiksen, qui avait les faveurs de Jeff Porcaro, tandis que Lukather et Paich lorgnaient sur ERIC MARTIN et qu'une offre avait d'abord été faite à Richard Page de MR. MISTER. Mauvais choix est-on tenté de penser en écoutant les deux premiers titres — Carmen et Lion — qui, s'ils sont dans une veine plutôt westcoast tout à fait appétissante, souffrent des montées stratosphériques du nouveau chanteur. Maîtrisant implacablement sa technique, Frederiksen ne semble pas avoir l'animalité d'un Kimball, cette instinctivité qui fait oublier le travail d'un chanteur dominant parfaitement son sujet. Et pour qui ne goûte que peu les voix haut-perchées, l'expérience est glaciale et assez pénible. Heureusement, Frederiksen se rattrape par la suite, participant à la composition d'excellents titres et chantant avec plus de sobriété sur le bien rock Angel Don't Cry et Endless qui font même réviser la dureté du précédent jugement. Isolation est finalement peut-être davantage desservi par une partie de ses compos : un single — Stranger In Town — un peu influencé « new wave » et donc trop sec pour du Toto, une ballade sans grand relief de Lukather (How Does It Feel) et une fin d'album en roue libre (Mr. Friendly, Change Of Heart, Holyanna) qui rendent cet album plus dispensable — ou plus exactement : moins indispensable — que les précédents.

Tracklist : 
01. Carmen
02. Lion
03. Stranger In Town
04. Angel Don't Cry
05. How Does It Feel
06. Endless
07. Isolation
08. Mr. Friendly
09. Change Of Heart
10. Holyanna

Line-up :

Fergie Frederiksen (chant + chœurs)
Steve Lukather (guitare + chant + chœurs)
David Paich (clavier + chant + chœurs + arrangements de cordes)
Steve Porcaro (clavier)
Mike Porcaro (basse)
Jeff Porcaro (batterie + percussions)
+
Lenny Castro (percussions)
Joe Porcaro (percussions)
Mike Cotten (synthétiseur)
Jerry Hey (trompette)
Chuck Findley (trompette)
Tom Scott (saxophone)
Tom Kelly (chœurs)
Richard Page (chœurs)
Gene Morford (voix basse) [3]
Bobby Kimball ((chœurs additionnels)
James Newton Howard (arrangements de cordes + direction d'orchestre)
Marty Paich (direction d'orchestre)
+
The London Symphony Orchestra

Année : 1984
Label : Columbia
Production : Toto



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