LYNYRD SKYNYRD : Second Helping

Beaucoup d'encre a coulé depuis plus de quarante ans sur la querelle entre LYNYRD SKYNYRD et NEIL YOUNG, les premiers ayant prétendument voulu coller un taquet au second pour lui apprendre à donner ses leçons d'humanisme à d'autres. Sweet Home Alabama a beau nommer explicitement le chanteur canadien dans un passage qui ne semble pas spécialement amical à première vue, la réalité semble beaucoup moins limpide qu'on ne nous la présente habituellement. Plus qu'une chanson à la gloire des mœurs de l'ancien État confédéré, le texte cherchait à nuancer les accusations péremptoires qu'avait proférées Neil Young contre les populations du sud des États-Unis, dans deux de ses chansons. Ronnie Van Zant disait qu'il n'avait pas compris la manie du Canadien de foutre tout un monde dans le même sac ; en l'occurrence toute la population sudiste dans le sac du Ku Klux Klan. L'auteur d'Alabama et Southern Man finît lui-même par convenir de la maladresse voire la condescendance de ses textes. De guéguerre entre le Nord et le Sud il n'y avait donc pas, et les relations entre Lynyrd Skynyrd et Neil Young n'ont jamais été à couteaux tirés ; elles furent même si paisibles que Young écrira quelques titres pour le groupe peu avant l'accident qui leur fut longtemps fatal. Bref, beaucoup de bruit pour rien. Ce qui est plus manifeste, c'est qu'en prenant un peu la mouche, la bande à Ronnie Van Zant a pour le coup fait mouche. Sa chanson, née comme souvent de pas grand-chose — ici un riff de Gary Rossington développé par Ed King et mis en paroles par Ronnie Van Zant — s'est depuis imposée comme son titre le plus populaire, et on peut le comprendre sans s'embarrasser de considérations politiques. Le « gimmick » de ce morceau est tout simplement prodigieux, et si cette chanson fut adoptée comme un hymne par des conservateurs qui ne l'avaient pas bien comprise, elle est assurément un hymne tout court comme pouvait l'être Free Bird sur le précédent album. Ce Second Helping est d'ailleurs le digne successeur de Pronounced Leh-Nerd Skin-Nerd, alignant huit titres d'un rock sudiste qui, s'il n'est pas par la suite aussi étincelant que son titre d'ouverture, ne se départit jamais de son gros fond d'authenticité, passant par ses habituels chemins, du blues (I Need You) à la country (The Ballad Of Curtis Loew), dans un enrobage rock du meilleur effet, avec ce phrasé musical dont Lynyrd Skynyrd avait le secret (Working For MCA).

Tracklist : 
01. Sweet Home Alabama
02. I Need You
03. Don't Ask Me No Question
04. Working For MCA
05. The Ballad Of Curtis Loew
06. Swamp Music
07. The Needle And The Spoon
08. Call Me The Breeze

Line-up :

Ronnie Van Zant (chant + chœurs)
Gary Rossington (guitare)
Allen Collins (guitare + piano + chœurs)
Ed King (guitare + basse)
Bobby Powell (clavier)
Leon Wilkeson (basse + chœurs)
Bob Burns (batterie)
+
Mike Porter (batterie) [2]
Clydie King (chœurs)
Merry Clayton (chœurs)
Bobby Keys (cuivres)
Trevor Lawrence (cuivres)
Steve Madaio (cuivres)

Année : 1974
Label : MCA
Production : Al Kooper



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