LITTLE RIVER BAND : Playing To Win

Lentement, LITTLE RIVER BAND s'asséchait depuis le remplacement de GLENN SHORROCK par John Farnham en 1982. Le public américain ne l'avait en tout cas pas digéré, et les évolutions musicales souhaitées notamment par Graeham Goble ne l'y aidaient sans doute pas. Ce qui est plus sûr, c'est que ces changements n'étaient pas du goût de tous au sein du groupe, et le retour chez les disquaires en janvier 1985 se faisait avec deux grands absents. Les membres fondateurs Beeb Birtles (guitare) et Derek Pellicci (batterie) étaient en effet partis mener leur vie ailleurs, laissant Goble à ses envies, et dès le premier titre de ce disque, on constate une nette évolution dans la musique de « LRB ». Beaucoup de clavier — le groupe avait recruté un claviériste permanent sur le précédent album, et l'instrument est désormais assez proéminent — et une théâtralisation qu'on ne connaissait pas trop au groupe australien par le passé, le titre Playing To Win surprend au premier abord. Ce titre — plutôt accrocheur d'ailleurs — n'est certes pas représentatif de l'ensemble de l'album, mais il est patent d'une identité jadis forte qui part désormais à la dérive. Probablement encouragé par le producteur Spencer Proffer qui co-signe plusieurs titres, ce changement d'orientation se perçoit également sur des titres assez progressifs (un peu à la STYX) comme Blind Eyes, When Cathedrals Were White ou le plus bancal One Shot In The Dark (ou dans un genre encore différent, la jolie ballade Through The Eyes, qui ressemble davantage à du TOTO qu'à du Little River Band), tandis qu'on retrouve un état d'esprit plus fidèle à ce que fut le groupe sur Relentless, Piece Of The Dream ou Don't Blame Me (voire le très bon Reappear, un peu hybride), et que les harmonies vocales, dans l'ensemble, restent assez présentes. Ce disque, qui confirme le déclin commercial des Australiens au États-Unis, aurait sans doute mérité un meilleur accueil, mais Graeham Goble apprenait d'une certaine manière à ses dépens qu'on ne rompt pas une harmonie sans prendre le risque de casser la jolie dynamique qu'elle avait engendré...

Tracklist : 
01. Playing To Win
02. Reappear
03. Blind Eyes
04. Through Her Eyes
05. When Cathedrals Were White
06. Relentless
07. Piece Of The Dream *
08. Don't Blame Me
09. One Shot In The Dark
10. Count Me In *

Line-up :

John Farnham (chant)
Graeham Goble (guitare + chœurs)
Stephen Houdsen (guitare)
David Hirschfelder (clavier + piano + programmation + chœurs)
Wayne Nelson (basse + chant [*] + chœurs)
Steve Prestwich (batterie)

Année : 1984
Label : Capitol
Production : Spencer Proffer



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