ALANNAH MYLES : A-Lan-Nah

S'il est une chose qu'on ne peut guère reprocher à ALANNAH MYLES, c'est de ne pas s'être renouvelée dans sa brève discographie. De ses trois albums sortis pour Atlantic, aucun n'est en effet la répétition du précédent en terme de style et d'atmosphère. D'un rock flirtant avec le hard avec lequel la Canadienne avait enflammé le monde entier et émoustillé bon nombre de jeunes hommes sidérés par son tempérament volcanique, sa voix mais aussi ses courbes qui en promettaient de belles, la chanteuse passait en 1992 à un rock plus posé, plus mélancolique, mais qui laissait encore une jolie place aux mélodies. Sur ce troisième album sorti trois années plus tard, Alannah Myles suivait la pente descendante dans laquelle elle s'était engagée sur Rockinghorse en terme de puissance, mais aussi, et c'était nouveau, de qualité mélodique. La chanteuse recevait pourtant encore quelque soutien de ses deux mentors habituels — Christopher Ward et David Tyson —, mais c'est surtout avec d'autres collaborateurs que la Canadienne — beaucoup plus impliquée dans l'écriture que par le passé — a travaillé sur ce disque qu'on peut globalement qualifier de sobre. Un style dominé par la guitare acoustique et la voix — toujours aussi séduisante — de la chanteuse qui a donc tendance à remiser l'efficacité des mélodies au second plan. Entre blues acoustique (Dark Side Of Me, Everybody's Breakin' Up, Family Secret) et country folk (Mother Nature, Keeper Of My Heart), il suffit de consulter la liste des instruments présents pour se faire une idée de l'orientation de ce A-Lan-Nah : beaucoup de guitare acoustique donc, mais tout de même habillée par un peu d'orgue aux sonorités rappelant les années 70, quelques touches d'accordéon, de violon ou bien d'instruments traditionnels de la musique irlandaise (flûte, cornemuse) comme sur Irish Rain. Alors la sincérité de la démarche de l'artiste n'est pas à mettre en doute, ce troisième album que lui garantissait son contrat lui aura permis de faire ce qu'elle voulait probablement faire depuis longtemps, mais voilà : le plaisir d'écoute s'est un peu évaporé avec la recette qui fit autrefois son succès. L'album passe, accroche une ou deux fois l'oreille (le plus enflammé Simple Man's Dream, par exemple), repose les sens, puis s'oublie.

Tracklist : 
01. Mistree Of Erzulie
02. Blow Wind Blow
03. Family Secret
04. Mother Nature
05. Irish Rain
06. Dark Side Of Me
07. Simple Man's Dream
08. Lightning In A Bottle
09. Keeper Of My Heart
10. Do You Really Wanna Know Me
11. Everybody's Breakin' Up
12. Sally Go Round The Roses [reprise THE JAYNETTS]

Line-up :
Alannah Myles (chant)
+
Kurt Shefter (guitare + guitare acoustique + guitare slide + chœurs)
David Wipper (guitare acoustique + mandoline + banjo)
Phil Parlapiano (piano + piano électrique + orgue + accordéon + mandoline + guitare acoustique)
Armand Sabal-Lecco (basse)
Jorn Andersen (batterie + chœurs)
Hugh Marsh (violon)
George Koller (violoncelle)
Ray Caldwell (flûte + cornemuse +  percussions)
Jackie Richardson (chœurs)
Vivian Williams (chœurs)

Année : 1995
Label : Atlantic
Production : Pat Moran



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