WHITE SISTER : s/t

Ce premier album des californiens de WHITE SISTER pourrait remporter plusieurs prix à lui tout seul, à commencer par celui de l'album le plus injustement boudé des années 80. Après quelques années de rôdage, ce groupe formé par quatre copains de fac partait pourtant avec des atouts que beaucoup pouvaient leur envier. Chaperonné par le claviériste Gregg Giuffria (ex-ANGEL, futur HOUSE OF LORDS), le groupe était vite convoité par EMI America qui les signait dans la foulée. Mais White Sister n'était pas seulement un combo bien entouré, c'était aussi et surtout quatre individualités au talent époustouflant, dont l'union créait une alchimie frisant la perfection. Avec en premier lieu deux chanteurs remarquables dont l'exceptionnel Dennis Churchill et sa voix profonde et vibrante, à n'en pas douter l'une des plus belles voix du rock. Celui-ci était complété par les talents de frontman d'un Gary Brandon qui, s'il n'avait pas tout à fait les mêmes capacités vocales que Churchill, n'en restait pas moins un excellent chanteur dont la voix seyait parfaitement aux morceaux qu'il s'octroyait. De ce formidable point fort naissait sans doute ce qui allait devenir la faille du groupe qui, pressé par son entourage de donner plus de latitude à un Churchill qui n'en demandait pas tant, se verra par la suite affaibli par le départ d'un Gary Brandon blessé dans son orgueil. Heureusement, il restera de cette association de talents un album exceptionnel, une pièce maîtresse et inoubliable de pomp rock puissant et poignant que bon nombre de critiques voyaient comme l'une des plus belles réussites de l'époque ; plus de 20 ans plus tard, ces éloges ne paraissent du reste en rien exagérées. Si la production de Gregg Giuffria a à l'évidence un peu vieilli et peut parfois sembler trop axée sur les claviers, les compos ont quant à elles conservé toute la puissance et l'émotion débridée qui constituait le gros de la recette du groupe. Le clavier était certes omniprésent, mais bien contrebalancé par les guitares hurlantes d'un Rick Chadock qui ne se faisait pas prier pour enflammer ce disque de ses fantastiques solos. Du furieux Don't Say That You're Mine à la merveilleuse ballade Just For You, la magnificence des mélodies force un frisson irrépressible à chaque note. Alors que les groupes originaires de Los Angeles misaient à l'époque plus volontiers sur l'esprit fun ou mauvais garçons, White Sister étaient pour leur part à total contre-courant, en proposant une musique exclusivement basée sur l'émotion et la subtilité. Mais de la subtilité exprimée avec flamboyance comme sur les brûlots Love Don't Make It Right ou Straight For The Heart. Le groupe avait une âme, un style propre, et une manière unique de l'exprimer. Alors comment pareille conjonction de splendeurs a pu rester sans réponse de la part du public ? Cela reste un mystère doublé d'une profonde injustice...

Tracklist :
01. Don't Say That You're Mine
02. Straight From The Heart
03. Love Don't Make It Right
04. Breakin' All The Rules
05. Whips
06. Can't Say No
07. Promises
08. Walk Away
09. One More Night
10. Just For You


Line-up :
Dennis Churchill (chant + basse)
Gary Brandon (chant + clavier)
Rick Chadock (guitare)
Richard Wright (batterie)

Année : 1984
Label : Emi America / Zoom Club Rec. [rééd. 2000]
Production :  Gregg Giuffria

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