THE RED HOUSE : s/t

Il me semble que plus on fouine dans les vestiges du rock, et plus on y trouve de merveilles. Dernier exemple en date, cet album de THE RED HOUSE, groupe originaire du New Jersey dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'il y a peu. Sorti en 1990, ce disque était confié au célèbre producteur australien Mark Opitz qui venait quelques années plus tôt d'accompagner les débuts solo de JIMMY BARNES sur ses deux premiers opus. Si on devait trouver une ressemblance entre le rocker australien et ce combo US, il s'agirait sans aucun doute de la passion qui les motivait à faire une musique qui leur collait à la peau, qu'ils vivaient intensément. The Red House avait fait le bon choix en optant pour une certaine sobriété, dans ses arrangements notamment, et surtout une sincérité troublante qui reste à n'en pas douter la clé de son intemporalité. Car disons-le clairement, ce disque n'a pas pris une ride ! Le leader du groupe Bruce Tunkel est assurément un artiste à la sensibilité exacerbée, et on se prend cet état de fait en pleine figure dès le premier titre, le magnifique Rain qui, sur fond de piano envoûtant (évoquant un peu des ambiances propices au frisson à la MIKE OLDFIELD) surplombé d'une guitare aérienne, donne le ton de ce disque. Celui d'un album qui, s'il parvient à maintenir le même cap jusqu'à son terme, risque fort de devenir une addiction de tous les jours ! Tout ce qu'il peut y avoir de plus émouvant dans le rock semble avoir été réuni sur ce morceau, et la voix très expressive de Tunkel, capable d'être à loisir délicate ou bigrement rageuse avec toujours la même classe, ne fait que renforcer la force de ce titre. On navigue souvent dans une atmosphère à la NEVERLAND, faite de fraîcheur et d'émotion à fleur de peau. Mais ce qui semble être l'arme fatale de ce groupe, c'est bien sa façon d'intégrer le piano à son rock, comme le prouve encore le superbe When I Find Out, autre perle de ce début d'album. On finirait presque par regretter que cette formule ne soit pas réutilisée jusqu'à l'usure tant elle est jouissive, mais le fait est que le groupe ne se contente pas d'une recette unique, il varie les plaisirs, avec des titres d'un rock à l'authenticité digne des titres les plus mordants d'un BRUCE SPRINGSTEEN comme le plutôt rugueux I Said A Prayer sur lequel Tunkel s'arrache de la gorge un chant aussi corrosif que troublant sur le refrain, ou encore le tourbillon mélodique Once In A While (une sorte de Born In The USA pied au plancher) dont le rythme haletant ne laisse pas une seconde pour souffler jusqu'à son très beau break. On atteint également une certaine solennité sur le très épuré Isolation, mais très vite, le rock reprend ses droits, fait de mélodies planantes (Silhouette, Isn't It Too Bad), ou d'une fougue régénératrice (The Dream I Never Had, Last Time I Ever Will) ! La question que l'on se pose vite à l'écoute de ce genre de disque, c'est comment un groupe avec autant de qualités et de talent a pu passer tellement inaperçu à l'époque ? Problème de promotion vraisemblablement, ce qui est certain, c'est que The Red House aurait mérité un tout autre sort, et que la force de ce disque est demeurée intacte plus de 15 ans après sa sortie ! 

Highlights : Rain, When I Find Out, Once In A While, The Dream I Never Had, Shot In The Back, Last Time I Ever Will, Isn't It Too Bad...

Tracklist :
01. Rain
02. When I Find Out
03. I Said A Prayer
04. Silhouette
05. Isolation
06. Once In A While
07. The Dream I Never Had
08. Isn't It Too Bad
09. Before I Lay Me Down
10. Breathe
11. Shot In The Back
12. Last Time I Ever Will


Line-up :
Bruce Tunkel (chant + guitare + piano + clavier)
Tony Stives (guitare + choeurs)
Ron Baumann (basse + choeurs)
Bob Nicol (batterie)


Année : 1990
Label : SBK Records 
Production : Mark Opitz

 
 

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