JADED HEART : Slaves And Masters

En feuilletant le livret de ce second album de JADED HEART, rempli de photos souvenir du groupe où la bonne humeur et l'esprit fraternel semblaient régner entre les membres, on a peine à croire que le line up ait fini par imploser avec le départ forcé de son leader Michael Bormann. Après ce genre d'évènement, il est bigrement bon de se replonger dans le passé du groupe, à l'époque où les allemands étaient auréolés par une inspiration dont peu de groupes ont ont été animés dans l'histoire du hard mélodique. C'est bien à un groupe exceptionnel que nous avions affaire, mené de main de maître par un Bormann omniprésent (chant, guitare, compos et production) au point de faire beaucoup d'ombre à ses partenaires, mais en même temps tellement vital à l'esprit de ce groupe dont il incarnait l'âme à lui seul. Alors que le premier album, l'excellent Inside Out, mettait plus l'accent sur un hard FM relativement soft, Slaves And Masters relevait quant à lui assez nettement la barre de la puissance, et installait le groupe dans son style hard mélodique dévastateur et incroyablement classieux qui a fait sa réputation auprès du public rock mélodique. C'est précisément ce que traduisait l'hymne No Hesitation et son intro poignante à en frissonner, qui à grand renfort de riffs rageurs et de rythmique lourde générait un souffle qui allait propulser l'album jusqu'à son dernier titre. Bormann confectionnait là un album rentre-dedans, racé et très varié. Si Inside Out s'illustrait aussi par ses ballades, cet album n'était pas non plus en reste avec notamment le fabuleux The Dream Is Over sur lequel Bormann mettait en avant sa technique pour chercher des notes inhabituellement haut-perchées, ou encore la reprise de Help (BEATLES) dans une version totalement métamorphosée en ballade au piano sur laquelle Bormann faisait appel à tout son charme. Le chanteur s'essayait seul à la production, non sans commettre quelques petites maladresses (le son de batterie un peu trop cinglant), mais là n'était qu'un insignifiant détail comparé à toutes les richesses dont recelait ce disque. A commencer par la voix chaude et unique de Bormann, qui excellait comme jamais sur des brûlots du hard mélodique tels Dangerous, Can't Wait For Love ou encore Lust, des titres conduits par des mélodies d'un niveau proche du sublimissime IV, dont l'émotion était comme toujours l'élément moteur.

Highlights : No Hesitation, Dangerous, The Dream Is Over, Lust, Stop The Rainy Days, Can't Wait For Love, Another Wasted Day, Hold On The Line....

Tracklist :
01. No Hesitation
02. Dangerous
03. Stop The Rainy Days
04. Ain't No Love
05. Help +
06. Can't Wait For Love
07. Another Wasted Day
08. Hold On The Line
09. The Dream Is Over
10. I'm Still Holdin' On
11. Lust
12. Without No Warning
13. You Showed Me Heaven


Line-up :
Michael Bormann (chant + guitare)
Chris Ivo (clavier)
Michael Mueller (basse)
Axel Kruse (batterie)
+
Alex Beyrodt (guitare)
Dirk Bormann (choeurs)[+]

Année : 1997
Label : Seagull International / Semaphore
Production :  Michael Bormann

 

4 commentaires:

  1. Mon premier album de JADED HEART fut celui-ci !!! Merci CrossRocks, car sans cela je n'aurais pas découvert ce fabuleux groupe allemand (et ne serais pas devenu un méga-fan - périodes Bormann et Fahlberg confondues) ! :) C'est vrai que l'on sent les "tâtonnements" (à ne pas prendre au sens péjoratif) de Michael Bormann en tant que producteur. Par exemple, le jeu batterie d'Axel Kruse, dû à la production, est légèrement "heavy". C'est l'un des éléments qui m'attire le plus sur l'opus. Autre point positif, à mes yeux : la présence d'Alex Beyrodt à la guitare ! :)
    C'est un album à ne pas manquer, pour tout fan de JADED HEART qui se respecte ! ;) Rien que pour Dangerous - titre ultime, pour ma part ! - ou No Hesitation, Stop The Rainy Days, Can't Wait For Love et Another Wasted Day, "$laves And Master$" vaut le détour !!! :)

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    1. J'ai l'impression de faire un bond de pas mal d'années en arrière en lisant tes souvenirs. Ça m'en rappelle d'autres d'ailleurs. A une dizaine d'années d'écart, on a eu un parcours assez proche, je crois. C'est d'ailleurs ce qui m'avait amusé en te voyant arriver sur le site.

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    2. Je me rappelle avoir découvert CR par hasard. Je recherchais à l'époque des informations sur "COBRA - First Strike". Et paf!, en cliquant sur un lien, je tombe nez-à-nez avec une chronique extrêmement bien fournie ! (J'ai envie de dire : "Et ainsi le fabuleux voyage en terres Hard-Rock débuta !").
      Effectivement, j'avais noté que nous avions plusieurs points en commun ;) Surtout JADED HEART ! Sans tes chroniques avisées, je doute que j'aurais plongé si rapidement dans la marmite ! :) D'ailleurs, encore aujourd'hui je me délecte de tes écrits ! :) Cela serait d'ailleurs formidable si de temps à autre tu rédigeais une chronique d'un album nouveau ... Bien entendu, je peux aisément comprendre que tu n'aies pas envie de retenter l'aventure. J'ai moi-même chroniquer, pendant trois ans, sur des sites web (principalement Metal-Integral.com) et sur la fin, j'avais l'impression d'être devenu un boulimique de la musique. C'est pour cette raison que j'ai rendu mon tablier. A partir du moment où la passion devient contrainte, rien ne va plus !

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    3. Tu as bien fait d'arrêter à mon avis. La boulimie, la contrainte, ça finit par tuer la passion.

      Chroniquer de nouveaux albums ? Franchement, ça ne me dit plus rien, ou alors de manière très exceptionnelle, mais a priori, c'est peu probable. D'ailleurs, je ne suis plus du tout les nouveautés depuis la fermeture de CR (enfin je mens : j'ai quand même écouté le dernier Bormann lorsqu'il est sorti).

      Je ne l'ai peut-être pas bien expliqué dans l'avant-propos, mais cette version blog n'a vraiment pas vocation à recoller à l'actualité. Sa mise en ligne est partie d'une discussion avec une amie, qui regrettait qu'il n'y ait plus de traces de CR. Je me suis laissé prendre au jeu de remettre certains disques en avant, c'est assez confortable de ne plus avoir besoin de courir 3 lièvres à la fois, et faire des mises en ligne quand ça me dit, sans respecter un calendrier. Et si ça peut être utile à des amateurs, alors tant mieux.

      Je redécouvre certains disques ces derniers temps, des trucs que j'avais presque oubliés. D'ailleurs, garde-le pour toi, mais j'ai glissé quelques chroniques nouvelles dans les archives, ces derniers jours.

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