FAR CORPORATION : Division One

Le producteur Frank Farian nous aura plutôt habitué, durant sa longue carrière, à polluer les rayons des disquaires. Exploitant la fièvre disco sans scrupule avec Boney M à la fin des années 70, l'Allemand parachevait l'arnaque dix ans plus tard avec l'imposture des minets de Milli Vanilli. C'est toutefois à d'authentiques chanteurs que Farian faisait appel en 1985, en mettant sur pied le projet FAR CORPORATION. Recrutant notamment Bobby Kimball — qui venait de se faire éjecter de TOTO (on retrouve également Steve Lukather et David Paich dans les crédits de l'album) — et le relativement peu expérimenté Robin McAuley qui sortait tout juste à cette époque d'une première expérience de chanteur avec GRAND PRIX, Farian faisait preuve d'un certain bon sens en laissant le travail de composition à d'autres. Ne nous faisons pas d'illusion, cependant, ce disque est inégal de ce point de vue. Avec comme pièce maîtresse le superbe Johnny Don't Go The Distance dont l'intensité dramatique nous ramène un peu aux meilleures heures d'un JIM STEINMAN, l'exubérance en moins, Division One souffre par ailleurs de la présence d'un certain nombre de titres faiblards, à commencer par les ballades mielleuses You Are The Woman et If You Could See You Through My Eyes. Pour redresser un peu la barre, le disque s'appuie sur deux reprises, la première du classique de LED ZEPPELIN : Stairway To Heaven ; la seconde de FREE, avec Fire And Water. Ces deux reprises aux arrangements remis au goût de l'époque sont certes susceptibles de heurter les puristes, mais il faut admettre qu'elles demeurent très accrocheuses, particulièrement Stairway To Heaven qui répartit judicieusement les rôles entre un Robin McAuley à qui revient la part du lion, laissant Kimball briller sur la fin du morceau, dans les parties vocales les plus haut-perchées. On ne trouvera hélas pas grand-chose d'autres à se mettre sous la dent dans un registre véritablement stimulant.

Tracklist : 
01. Stairway To Heaven [reprise LED ZEPPELIN]
02. You Are The Woman
03. One Of Your Lovers
04. Live Inside Your Dreams
05. Johnny Don't Go The Distance
06. Fire And Water [reprise FREE]
07. If You Could See You Through My Eyes
08. No One Else Will Do
09. Rock'n'Roll Connection

Line-up :

Robin McAuley (chant)
Bobby Kimball (chant)
David Barreto (chant)
Henry Gorman (chant)
Bernd Berwanger (guitare)
Johan Daansen (guitare)
Mats Björklund (guitare)
Steve Lukather (guitare)
David Paich (clavier)
Harry Baierl (clavier)
Pit Löw (clavier)
Dieter Petereit (basse)
Curt Cress (batterie)
Simon Phillips (batterie)
Mel Collins (saxophone)
Bertl Gebhard (chœurs)
Bimey Oberreit (chœurs)
Frank Farian (chœurs)
Peter Bischof (chœurs)
The Jackson Singers (chorale)

Année : 1985
Label : Arista
Production : Frank Farian

RADIO SILENCE : s/t

Même si le livret de ce premier album de RADIO SILENCE nous dévoile les portraits de deux musiciens, c'est à Alistair Gordon qu'il est attribué l'exclusive paternité du projet dans les documents promotionnels que le label Escape avait diffusé à l'époque de la sortie du disque, en 1997. Le second instigateur — Mike Hehir — n'était pourtant pas tout à fait inconnu, et quiconque avait suivi de près la discographie du groupe SAD CAFÉ, avait peut-être conservé le souvenir de son passage dans les années 80. Gordon avait d'ailleurs lui aussi apporté sa contribution — plus modeste — à l'histoire de ce groupe originaire comme lui de Manchester, à la fin des années 80, comme il l'avait fait avec de nombreux autres artistes parfois renommés (MIKE AND THE MECHANICS — dont le chanteur Paul Young assure quelques choeurs sur ce disque —, Mick Jones de FOREIGNER). Mais il faut toutefois le reconnaître, si les deux protagonistes de Radio Silence sont des musiciens chevronnés, leurs noms n'ont rien de clinquant. Et pourtant, le sens de la mélodie d'Alistair Gordon — qui signe ou co-signe onze des douze titres de ce disque, contre un seul pour Hehir — en vaut bien d'autres, et des bien plus populaires. On s'en rend compte dès le premier titre : Primitive Man, qui annonce la coloration très années 80 de ce disque fait d'un AOR à tendance westcoast (Let It Rain, Radio Silence, Love In A Stranger's Arms), fort de beaux refrains, accrocheurs (le superbe God Only Knows), d'ambiances fort agréables, et ce qui ne gâche rien, d'une production sans anicroche. Quelques nappes de clavier délicates et élégantes (la ballade très AOR Don't Hold On), des parties de guitares aériennes et soignées (Tower Of Strength), une voix assez chaude et parfaitement en place, évoquant parfois un peu ROBERT HART, sans oublier quelques touches de saxophone : à peu près tout contribue sur ce disque à restituer une impression de bien être et de délicatesse, sans pour autant manquer de rythme.

Tracklist : 
01. Primitive Man
02. Don't Hold On
03. Convertible Car
04. Let It Rain
05. Radio Silence
06. Big Wide World
07. Tower Of Strength
08. God Only Knows
09. A Mighty High Horse
10. Love In A Stranger's Arms
11. The Last Frontier
12. Can't Stand Still

Line-up :

Alistair Gordon (chant + clavier + chœurs)
Mike Hehir (guitare)
+
Robert Maksym (guitare)
Marius Muller (guitare)
Paul Burgess (batterie + percussions)
Dave Hassel (batterie + percussions)
Steve Pigott (clavier + programmation)
Darrin Tidsey (clavier + programmation)
Ritchie Close (clavier)
Jon Astley (programmation)
Steve Butler (chœurs)
Ian Wilson (chœurs)
Paul Young (chœurs)
Doreen Edwards (chœurs)
Tessa Niles (chœurs)
Linda Taylor (chœurs)
Chris Davis (saxophone)
Andy Hamilton (saxophone)

Année : 1997
Label : Escape Music
Production : Alistair Gordon + Andy MacPherson + Walter Turbitt [4] + Steve Pigott [production additionnelle sur Radio Silence]

GOWAN : s/t

Peu de gens connaissaient Lawrence GOWAN en 1999, lorsqu'il prit la place de Dennis DeYoung dans STYX. Peu de gens, excepté dans son pays, au Canada, où cet Écossais de naissance au parcours peu banal s'était taillé une jolie renommée depuis le milieu des années 80. Formé au piano classique, diplômé du Conservatoire de Toronto, le musicien débutait sa carrière au milieu des années 70 dans le groupe RHINEGOLD avec lequel il se produira localement durant quelques années. En 1982, le chanteur était signé par CBS et sortait ce premier album au Canada, premier disque qui se démarque un peu de la suite de sa discographie. Pour commencer, le chant est, sur certains titres, un peu plus agressif qu'il ne le sera à partir de l'album suivant, le remarquable Strange Animal. La différence n'est toutefois pas déstabilisante pour qui aurait découvert l'artiste par les albums suivants ou dans Styx, son timbre de voix très particulier restant tout à fait identifiable. L'univers de l'artiste, très singulier lui aussi, paraissait pour sa part déjà bien dégrossi sur des titres comme Jet White ou Victory. bien qu'un aspect plus daté dans le son soit à signaler, dans les claviers notamment (Send Me Energy), mais aussi dans les lignes mélodiques qui s'aventurent dans des voies où le grandiloquent tient une certaine place, comme sur Keep Up The Fight ou, dans une moindre mesure, Come A Little Closer. Loin d'être inintéressant, ce premier album s'adresse avant tout aux admirateurs du chanteur qui pourront mesurer le chemin parcouru à partir des albums suivants tout en se faisant plaisir sur quelques titres bien sentis et plus sobres (la jolie ballade Make It Alone, Oceania, I'm Not Involved...). Aux autres, aux simples curieux, on conseillera plutôt Strange Animal et Lost Brotherhood qui illustrent admirablement tout le potentiel de cet artiste très au dessus des normes de l'AOR.

Tracklist :
01. Jet White

02. Keep Up The Fight
03. Come A Little Closer
04. Make It Alone
05. Send Me Energy
06. Oceania
07. I Was Only Looking
08. I'm Not Involved
09. Give In
10. Victory

Line-up :

Lawrence « Larry » Gowan (chant + piano + clavier + chœurs)
+
Kim Mitchell (guitare)
Steve Hogg (basse)
Marty Cordrey (batterie)
Susan Ciani (programmation)
Paul Atkinson (programation)

Année : 1982
Label : CBS [réédition 1998 Algae Records]
Production : Rob Freeman

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